
20 à 30 cm
profondeur à laquelle le labour enfouit résidus végétaux, graines et adventices
1 à 8 socs
nombre de socs selon les modèles, de la charrue monosoc à la charrue polysoc
2 chevaux, 1 homme
équipage utilisé par la charrue Dombasle lors d’un essai comparatif, contre 6 chevaux et 2 hommes pour une charrue ordinaire
À quoi elle sert
En plaçant les graines entre 20 et 30 cm de profondeur, le labour empêche la plupart des semences de graminées et des repousses de germer. Le travail du sol détruit aussi les repousses de la culture précédente et enfouit ou détruit les couverts végétaux. Sous l’Ancien Régime, les mots laboureur et paysan étaient presque synonymes.
Comment elle fonctionne
Le soc découpe la terre à l’horizontale, le coutre la tranche à la verticale, puis le versoir la déplace sur le côté, la retourne et l’émiette. Sur chaque corps de charrue, la hauteur de la rasette doit être égale à la profondeur de labour. Au-delà de 10 km/h, les débris restent sur le haut des bandes de labour et les graines d’adventices sont moins bien enfouies. Sur les charrues à disques, les corps classiques sont remplacés par une pièce travaillante unique en forme de calotte sphérique.
Un peu d’histoire
La charrue dérive de l’araire, mais elle n’est apparue que quelque 3 000 ans après lui. En Europe, elle apparaît entre le Pô, la haute vallée du Danube et celle du Rhin, vers le début de notre ère. La charrue sans avant-train de Mathieu de Dombasle connaît une large diffusion dans les années 1820 à 1850. À la veille de la généralisation du tracteur, le brabant était la charrue la plus répandue en France.
Labour ou non-labour
Un travail du sol trop intensif peut fragiliser la structure des sols, accélérer l’érosion et perturber la vie biologique. L’agriculture de conservation des sols privilégie le semis direct : les graines sont déposées dans un sol peu ou pas travaillé, souvent au milieu des résidus de la culture précédente. Les systèmes sans travail du sol utilisent souvent davantage de glyphosate et d’autres désherbants chimiques. Selon les agronomes de l’INRAE, un travail du sol occasionnel, 1 année sur 4 ou 5, peut réduire l’usage des herbicides tout en sécurisant les récoltes.