
Carte d’identité
- Type
- Matière organique du sol
- Origine
- Naturelle, contrairement au compost
- Aspect
- Brunâtre à noir, souple et aéré
Comment l’humus se forme
La matière organique à l’origine de l’humus est surtout végétale, puis s’enrichit de matières microbiennes et animales au cours de sa transformation. La litière forestière et les résidus de culture fournissent une matière première fraîche, à laquelle s’ajoutent notamment des composants d’origine animale. Les organismes vivants accélèrent fortement l’humification en ingérant la matière organique ou en libérant des enzymes qui la transforment. En zone froide ou continentale, la formation de l’humus s’accélère au printemps lorsque la température augmente et que l’humidité est importante.
Ce que l’humus apporte au sol et aux plantes
L’humus retient l’humidité dans la couche supérieure du sol, particulièrement dans les sols à texture grossière comme le sable. Sa capacité d’échange et sa décomposition lente fournissent aux racines de l’azote, du phosphore et les éléments nutritifs nécessaires à la croissance. L’association entre les argiles et l’humus porte le nom de complexe argilo-humique. Le complexe argilo-humique facilite la pénétration des racines et des champignons dans le sol, leur approvisionnement en eau et en sels minéraux, ainsi que l’aération des racines.
Des formes différentes selon le milieu
Dans le mull, les vers de terre assurent principalement le mélange de la matière organique avec la matière minérale, dans les prairies et les forêts à forte activité biologique. Le moder présente une couche superficielle de matière organique non incorporée au sol, transformée par la faune et les champignons dans les forêts et les landes à activité biologique moyenne. Le mor se rencontre dans les forêts et les landes à faible activité biologique, où la décomposition lente des débris végétaux contribue à acidifier le sol. La terre de bruyère constitue un exemple de mor.
Comment apprécier sa qualité
Vous pouvez vous renseigner sur la qualité de l’humus grâce à son odeur, à son aspect visuel, à l’observation au microscope des organismes qui le composent et, le cas échéant, à des analyses de sa composition chimique. Le rapport entre le carbone et l’azote du sol, noté C/N, est un indicateur de la qualité de l’humus. Un rapport C/N de 10 ou moins indique une bonne activité biologique du sol. Un rapport C/N de 20 ou plus signale un ralentissement de l’activité biologique du sol.
Préserver l’humus par les pratiques de culture
Le labour enfouit et dilue l’humus, ce qui provoque une minéralisation trop rapide de la matière organique. La disparition de l’humus favorise la battance des sols labourés, qui réduit fortement leur capacité à absorber l’eau. Pour limiter sa dégradation naturelle, recourez au non-labour et apportez de la matière organique ligneuse et cellulosique.
Du mot latin à l’observation du vivant
Le mot latin humus signifie « sol » ou « terre ». Avant que le microscope ne révèle le rôle des micro-organismes et des invertébrés dans sa production, l’humus était considéré comme une substance chimique inerte.