
Carte d’identité
- Type
- Technique agricole
- Autre nom
- Estivade dans le Massif central
- Origine
- Mot du nord du domaine d’oïl
Une terre autrefois travaillée à plusieurs reprises
Chaque labour faisait remonter des graines d’adventices, puis le passage suivant détruisait les plantes qui avaient germé. Les labours servaient notamment à enfouir la fumure. Ce travail du sol visait aussi à accélérer la décomposition de la matière organique. La pratique demandait beaucoup de travail aux hommes comme aux animaux.
Une place dans l’assolement et le pâturage
Pendant la première année de l’assolement, le fumier et les labours permettaient de reconstituer les réserves minérales utilisables du sol. Au Moyen Âge, la rotation durait généralement deux ans, avec une culture suivie d’une jachère herbeuse. Entre deux labours, les moutons pâturaient les adventices présentes sur la parcelle.
Les rôles recherchés pour le sol et la faune
La jachère vise à permettre au sol de se reconstituer et d’accumuler de la matière organique tout en conservant son humidité. Le retrait temporaire des plantes hôtes cherche à interrompre les cycles des ravageurs et des agents pathogènes présents dans le sol. Vous pouvez retenir que les jachères ont constitué l’habitat principal des populations d’oiseaux des terres agricoles.
Choisir les cultures et limiter le syndrome de jachère
Le syndrome de jachère correspond à une absorption insuffisante des nutriments par la culture, liée au manque de mycorhizes arbusculaires après une période de jachère. Pour le maïs, sensible à ce syndrome, privilégiez comme précédent un couvert hébergeant ces champignons, tel que l’avoine, plutôt qu’une période de jachère. La présence de racines végétales, y compris celles des adventices, peut réduire l’apparition du syndrome de jachère. Les couverts végétaux sont notamment employés pour prévenir l’érosion et fournir un engrais vert.
Un mot ancien dont le sens a changé
Le mot est attesté en latin médiéval en 1193 sous les formes gascheria et gascaria. L’expression « repos de la terre » prête à confusion, car la jachère historique recevait un travail intensif et cette expression désignait aussi une friche enherbée. La confusion entre jachère et friche apparaît dès le XVIe siècle. Au XVIIIe siècle, la jachère a été combattue parce qu’elle était jugée non rentable. En Europe, le terme a été repris en 1992 dans la politique agricole commune pour une mesure visant à limiter la surproduction, notamment celle des céréales.