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Faire son compost, au jardin ou sur le balcon

Environ un tiers de nos ordures ménagères sont des déchets organiques. Au composteur, ils deviennent un amendement gratuit pour le potager. La méthode ci-dessous suit le guide de l’ADEME paru en juillet 2026, durées et doses comprises.

Toute l’annéeDébutantMis à jour le 9 octobre 2026

Bac, tas ou lombricomposteur ?

En bac

C’est la solution la plus courante : un composteur de 1 à 1,5 m³ traite 1 à 2 tonnes de déchets par an. Posez-le à mi-ombre, directement sur la terre. Comptez 4 à 5 mois au moins pour un compost mûr. Au-delà de 1 000 litres de besoins, prévoyez un deuxième bac pour la maturation .

En tas

Gratuit et très simple si vous avez la place : quand il atteint 1 à 1,5 m de haut, retournez-le, laissez-le reposer et commencez-en un autre à côté. C’est plus lent qu’en bac (6 mois à 1 an) et accessible aux animaux .

En lombricomposteur

Pour un appartement ou un balcon : des vers rouges décomposent les déchets dans des plateaux empilés, à l’abri du soleil, de la pluie et du gel. Compost en 4 mois environ. Les vers mangent en moyenne leur poids par jour : pour 250 g de déchets quotidiens, il faut au moins 250 g de vers.

Bokashi et composteurs rotatifs ne donnent pas un compost mûr, prêt à mettre au pied des plantes : ce qu’ils produisent doit encore maturer en tas ou dans un composteur . Avant d’acheter un bac, renseignez-vous auprès de votre collectivité : certaines le fournissent ou aident à le financer .

Ce qui va au compost

Sans hésiter

  • Épluchures et fanes
  • Marc de café et filtres en papier
  • Pain, laitages, croûtes de fromage
  • Fruits et légumes abîmés
  • Tontes, feuilles mortes, fleurs fanées
  • Tailles de haie, branches, écorces, paille
  • Mouchoirs, essuie-tout, carton brun, papier journal
  • Cendres de bois, sciure, copeaux

Avec modération

  • Branches, trognons, noyaux : broyés ou coupés petit
  • Plantes montées en graines
  • Coquilles d’œufs et coquillages
  • Viande, en petits morceaux, au centre du tas
  • Végétaux malades

Jamais

  • Verre, métal, plastique, tissu
  • Contenu des sacs d’aspirateur
  • Couches-culottes et sacs plastiques
  • Huile de vidange, bois vernis ou peint

Tri d’après le guide de l’ADEME . Les produits chimiques vont en déchèterie. Pour un lombricomposteur, le régime est plus strict : fruits et légumes coupés petit (sauf poireau, ail et oignon), thé, café, journal et carton brun.

Les quatre règles d’or

  1. Mélangez à peu près moitié de déchets humides (la cuisine) et moitié de déchets secs (le jardin, le carton) .
  2. Fragmentez : coupez les déchets de cuisine, taillez ou broyez les branches. Les micro-organismes travaillent plus vite sur de petits morceaux.
  3. Aérez en brassant au moins une fois par mois, avec un aérateur ou une fourche.
  4. Surveillez l’humidité : pressez une poignée de compost. Quelques gouttes perlent, tout va bien ; ça coule, c’est trop humide ; rien ne sort, c’est trop sec.

Pour démarrer, de préférence au printemps ou à l’automne : ameublissez la terre à l’emplacement, puis posez au fond des branches et brindilles broyées, sur 5 cm en bac ou 10 cm en tas .

Quand le compost est-il prêt ?

Tout le processus prend de 2 mois à 2 ans selon la méthode et le volume. On peut s’en servir à trois stades :

  • demi-mûr, en paillage, pour protéger et nourrir le sol ;
  • mûr, pour nourrir le sol : au moins 4 à 6 mois en bac, 6 à 12 mois en tas ;
  • en support de culture, au bout d’au moins 18 mois.

Un compost mûr est sombre, sent la forêt, et s’émiette entre les doigts ; on ne reconnaît plus les déchets d’origine. L’astuce de l’ADEME : semez quelques graines de cresson dedans. Si elles germent, il est prêt. Récoltez-le au centre du tas en repos, ou tout en bas du bac par la trappe.

Combien en mettre au potager ?

CulturesCompost mûr par an
Gros besoins : tomates, courges, poireaux, pommes de terre, céleris, aubergines, artichauts3 à 5 kg/m²
Besoins moyens : carottes, betteraves, laitues, épinards, haricots, petits pois, persil, asperges1 à 3 kg/m²
Jardinière ou pot, à la plantation1/3 compost, 1/3 terre, 1/3 sable

À l’automne ou en fin d’hiver, étalez-le en surface et griffez légèrement ; au printemps, mettez-le dans les rangs avant de pailler ; toute l’année, dans les trous de plantation. En pot, ajoutez chaque année 20 % de compost au plus .

Le compost va de pair avec le paillage : feuilles mortes et tontes servent à l’un comme à l’autre. Pour une culture précise, voyez la fiche carotte ou le calendrier des semis.

Sources