
Carte d’identité
- Type
- Variétés-populations ou clones
- Origine
- Sélection paysanne antérieure au XIX siècle
- Formes
- Graines, stolons, bulbes, rhizomes et tubercules
Sélectionner au fil des cultures
Dans sa définition de 2009, le Réseau Semences Paysannes décrit des variétés que les paysans font évoluer dans leurs champs pour répondre à des besoins agronomiques, alimentaires, culturels ou climatiques. Pour conserver vos semences, tenez compte de la distance entre variétés d’une même espèce afin d’éviter les croisements par pollinisation. Le nombre de plantes cultivées doit aussi être pris en compte pour préserver la diversité génétique de la variété. Apprenez à repérer les caractères recherchés dans la variété cultivée pour écarter de la sélection les plantes qui ne les reproduisent pas fidèlement.
Conserver et vérifier les semences
La capacité à germer fait partie des principales qualités attendues d’une semence, quelle que soit son origine. Choisissez des méthodes de stockage qui maintiennent la viabilité des graines. Pour réaliser des tests périodiques, vous devez connaître les conditions de germination des semences conservées. La conservation des semences demande de reconnaître les maladies qu’elles peuvent transmettre afin de pouvoir les éliminer.
Des maisons pour conserver et échanger
En Afrique de l’Ouest, les agriculteurs disposant de petites exploitations et de moyens financiers limités utilisent principalement des semences paysannes. Dans cette région, des producteurs regroupés en organisations paysannes créent des lieux appelés « cases de semences » ou « maisons de semences ». Ces maisons accueillent la collecte, le tri, l’identification et le stockage des semences, ainsi que le travail sur les techniques de conservation. Elles servent également à échanger des pratiques et à se former.
Une appellation et un cadre réglementaire
L’appellation désigne des variétés non hybrides, libres de droits de propriété, que l’agriculteur peut ressemer et sélectionner sur sa ferme. La recherche, souvent participative, comme la distribution et la commercialisation de ces semences rencontrent des obstacles juridiques et réglementaires nationaux et supranationaux. Le coût de l’inscription au catalogue décourage l’enregistrement de variétés locales peu diffusées, dont le marché potentiel est faible. En France, la vente de semences paysannes aux jardiniers amateurs a été autorisée en mai 2020.
Une pratique ancienne, un nom récent
Depuis les débuts de l’agriculture, les agriculteurs sélectionnent et multiplient leurs semences tout en conservant et en renouvelant la biodiversité cultivée. Jusque dans les années 1950, le greffage pratiqué par les paysans et les jardiniers a largement participé à la diffusion des variétés de pays en arboriculture. En France, vous voyez apparaître le terme « semences paysannes » en 2003 dans un contexte d’opposition à la commercialisation de plantes génétiquement modifiées et à un cadre légal très strict. Les blés de pays deviennent minoritaires à partir de 1920, puis disparaissent presque entièrement des champs vers 1980 après l’accélération de la sélection des blés modernes.