
Carte d’identité
- Domaine
- Fabrication des sabots
- Époque
- Principalement entre 1500 et 1900
- Lieu de travail
- Surtout en Europe occidentale
Des gestes répartis entre plusieurs mains
Les artisans appelés « planeurs » donnaient sa forme à l’extérieur du sabot. Les « creuseurs » travaillaient la partie intérieure. Dans la description des sabotiers bretons, les hommes tronçonnaient, rabotaient et finissaient le bois de hêtre. Dans ce même récit breton, les femmes réalisaient les dernières finitions, notamment les ciselures. Les sabotiers pouvaient ajouter du cuir aux sabots ou les garnir de clous.
Une hutte pour habiter et travailler
Chez les sabotiers bretons décrits dans le dossier, la hutte servait à la fois d’habitation et d’atelier. Ces huttes étaient installées en forêt, près d’une source. Des poteaux plantés dans le sol soutenaient les murs et le toit, généralement faits de matériaux trouvés aux alentours, comme les branchages, le genêt ou la paille. Un feu brûlait jour et nuit au centre de la hutte, avec un trou dans le toit pour évacuer la fumée. Ce foyer chauffait l’habitation, permettait de cuire les repas et séchait les sabots neufs creusés dans du bois vert.
Des installations mobiles aux sabots plus légers
Le récit consacré aux sabotiers bretons décrit des cabanes temporaires et des déplacements tous les deux ou trois ans, au rythme des ventes de bois. Au XVIII siècle, ce récit relève une tendance des artisans à s’installer plus durablement. À la fin du XVIII siècle, la fabrication dite « façon d’Auvergne » a permis d’obtenir des sabots plus légers que les modèles rustiques traditionnels. Ces sabots à la façon d’Auvergne recevaient un vernis jaune et de fines entailles noires. Moins résistantes que les lourds sabots ruraux, ces galoches plaisaient davantage à la clientèle urbaine grâce à leur aspect. Dans les campagnes françaises, le port des sabots s’est maintenu jusqu’au milieu du XX siècle.
La mécanisation et les artisans encore recensés
La fabrication mécanisée des chaussures en bois est apparue au début du XX siècle. Après la Seconde Guerre mondiale surtout, les chaussures en bois sont devenues moins courantes, remplacées par des chaussures entièrement en cuir ou en matières synthétiques. En 2010, une dizaine d’artisans exerçaient encore ce métier en France, contre seulement deux au Québec.