
Carte d’identité
- Domaine
- Métiers de service modestes
- Lieu de travail
- Cours d’eau ou lavoir
- Formation
- Accompagnement et imitation d’une parente
- Nom masculin
- Lavandier
Préparer le linge et le cuvier
Avant le trempage, le linge était séparé selon sa finesse et son degré de saleté. Les grands draps de lin et les vêtements résistants commençaient par tremper dans l’eau. Dans le cuvier commun, le linge fin accepté pour cette lessive était placé en premier, tandis que les textiles résistants occupaient le dessus. Une toile épaisse appelée cendrier ou charrier couvrait le linge et recevait une couche de cendres froides.
Faire couler la lessive et frotter
L’opération appelée buée consistait à verser de l’eau bouillante sur les cendres. L’eau chaude dissolvait les alcalis des cendres, puis traversait lentement le contenu du cuvier. La lavandière récupérait l’eau écoulée, la réchauffait et la versait à nouveau pour un second passage. Pour frotter le linge avec une brosse, elle utilisait une longue planche à laver en bois rainuré.
Du battoir au linge plié
Le battoir servait à frapper le linge pendant le lavage. L’essorage se faisait en tordant les draps et le linge grossier, ou en comprimant les textiles. Le linge essoré, encore humide, rejoignait le lieu de séchage dans un panier ou une brouette. Après le séchage venait le pliage, puis le rangement dans des paniers ou des ballots pour la livraison.
Travailler au bord de l’eau
Pour travailler accroupie, la lavandière pouvait s’installer dans une caisse garnie de paille appelée garde-genoux. Lorsque le lavoir collectif ne fournissait pas de combustible, elle devait parfois apporter son bois ou ses fagots. Dans des conditions matérielles souvent difficiles, les femmes devaient aussi s’occuper de leurs plus jeunes enfants pendant le lavage.
Un métier qui s’efface progressivement
Le terme lavandière vient de Provence et du pourtour méditerranéen, et son usage s’est élargi à la fin des années 1950 avec la chanson Les Lavandières du Portugal. Le développement des blanchisseries, puis celui des machines à laver domestiques et des laveries en libre-service, a réduit le recours aux lavandières indépendantes. Vous pouvez retenir que les derniers bateaux-lavoirs de l’Erdre ont fermé entre 1963 et 1968.
Les traces conservées du métier
À Laval, deux bateaux-lavoirs conservés portent les noms de Saint Julien et de Saint Yves. Le Saint Julien est devenu un musée en 1985 et a été classé monument historique en 1993. Eugène Boudin a consacré une centaine de petits tableaux aux femmes faisant la lessive dans la Touques, entre Deauville et Trouville.