
Carte d’identité
- Type
- Maladie fongique
- Agent
- Ophiostoma ulmi au sens large
- Origine
- Vraisemblablement asiatique
Reconnaître les symptômes
Sur un orme adulte, vous pouvez observer une déformation de l’écorce des branches parmi les premiers signes de la maladie. Le feuillage se dessèche tout en restant accroché à l’arbre malade. Des marques noires peuvent apparaître sous l’écorce, ce qui explique le nom de graphiose. Le premier symptôme d’une infection apparaît généralement sur une branche située dans le haut de l’arbre.
Comment la maladie passe d’un arbre à l’autre
Le grand scolyte de l’orme, Scolytus scolytus, est un coléoptère qui transmet le champignon. Le scolyte vecteur se reproduit sur les arbres en train de mourir. Pour atteindre sa maturité sexuelle, le scolyte adulte doit manger un peu d’écorce d’orme. Pendant ce repas, il peut transporter des spores depuis un arbre malade et contaminer un arbre sain. Le champignon peut aussi rejoindre un arbre voisin par les soudures naturelles entre leurs racines. Les outils de taille sont également considérés comme une voie de transmission du champignon.
Ce qui se passe dans l’arbre
Pour freiner la progression du champignon, l’arbre bouche ses propres tissus conducteurs, le xylème, avec de la gomme et des excroissances appelées thylles. Ces bouchons empêchent l’eau et les nutriments de monter dans le tronc et finissent par entraîner la mort de l’arbre. Le dépérissement gagne progressivement l’arbre, avec la mort d’autres branches. La souche reste souvent vivante malgré la mort des branches anciennes et du tronc lorsque l’orme se trouve en forêt, en position plus isolée notamment dans les futaies mélangées, ou dans une haie.
Les leviers pour limiter la propagation
Dans une haie composée presque uniquement d’ormes dont les racines se touchent, la maladie peut se propager très rapidement. À Brighton et Hove, en Angleterre, la survie des ormes est attribuée à l’isolement du secteur et au repérage suivi du retrait immédiat des parties infectées. Des programmes de sélection d’ormes résistants à la graphiose ont été menés aux Pays-Bas, en Amérique et en Italie.
Quelques repères historiques
En France, le premier signalement de la graphiose remonte à 1920, en Lorraine. En 1921, aux Pays-Bas, Bea Schwarz a isolé le champignon responsable, une découverte à l’origine du nom de maladie hollandaise de l’orme. La sélection de variétés résistantes a commencé aux Pays-Bas en 1928, puis les recherches sur les cultivars d’Ulmus americana ont débuté aux États-Unis en 1937. Vers 1970, des importations de grumes ont introduit en Europe une nouvelle souche plus agressive.