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- Type
- Amendement du sol
- Domaines
- Agriculture, sylviculture et arboriculture
Ce que le chaulage change dans le sol
Au sens strict, le mot désigne un traitement avec de la chaux vive ou de la chaux éteinte. Le calcium libéré contribue à réguler les liens entre la matière organique, les argiles et les cations du sol. En améliorant la stabilité de la structure du sol, le chaulage réduit le risque de formation d’une croûte de battance. La neutralisation des acides produits par l’activité microbienne permet de maintenir ou d’intensifier cette activité.
Évaluer le besoin avant d’intervenir
L’analyse du sol guide le choix du pH recherché, généralement autour de 6,5 en agriculture. La capacité d’échange cationique et la part de cette capacité occupée par le calcium échangeable renseignent sur les réserves calciques du sol. La teneur en carbonates, appelée « calcaire total », fait partie des indicateurs du besoin de chaulage. Un sol à faible capacité d’échange cationique présente généralement une hausse de pH plus marquée qu’un sol à forte capacité d’échange.
Tenir compte des plantes cultivées
Certaines plantes tolèrent une large gamme de pH, tandis que d’autres ont des exigences plus précises. La pomme de terre, le seigle, l’avoine et le fraisier poussent sur des sols légèrement acides, à pH 6. Le haricot et le maïs préfèrent un sol neutre, tandis que la betterave, la fève et l’asperge poussent mieux à un pH supérieur à 7. L’agroécologie cherche à adapter les cultures au sol plutôt qu’à modifier systématiquement le sol pour les cultures.
Comprendre et limiter l’acidification
L’altération des silicates sous l’effet de la pluie, du gel et des variations thermiques participe à la formation des sols tout en les acidifiant. Des essais menés sur 10 années par ARVALIS et l’INRAE semblent montrer que les apports de fumier, de lisier ou de certains composts peuvent suffire à empêcher l’acidification, voire à augmenter le pH. Ces résultats semblent liés à une gestion plus précise des apports azotés et à une réduction du lessivage des nitrates, notamment grâce aux engrais verts et aux cultures intermédiaires pièges à nitrates.
Une pratique issue du marnage
Avec le marnage, qui a précédé le chaulage moderne, vous répandez de la craie brute et des débris de chaux sur le sol pour tenter d’en modifier le pH ou la taille des agrégats. Les premières traces citées de ces pratiques remontent aux années 1200 dans les actuelles îles Britanniques. La craie, les marnes et les faluns ont été largement exploités localement et le sont encore parfois sous une réglementation sévère.