
Carte d’identité
- Domaine
- Travail de l’or
- Outils
- Pinces fines en roseau
- Distinction
- Métier éligible au titre de maître d’art
Préparer l’or avant de le travailler
La fabrication débute par la préparation d’un alliage. L’ajout de cuivre et d’argent à l’or pur permet de le durcir et d’ajuster sa couleur. Seize tons sont proposés, de l’or rougeoyant enrichi en cuivre à l’or blanc contenant davantage d’argent. L’alliage est fondu à 1 200 °C pour former un petit lingot.
Étirer le métal, puis le battre
Le lingot passe ensuite dans un laminoir qui l’étire. Les passages successifs permettent d’obtenir une bande d’environ 40 mètres de long. Une fois découpée, la bande est frappée au marteau mécanique pour l’aplatir et augmenter sa surface. Vous pouvez retenir qu’autrefois, à défaut de marteau mécanique, les batteurs utilisaient trois sortes de marteaux : le marteau à chasser, le marteau à commencer et le marteau à achever. La répétition du battage permet finalement d’obtenir 9 000 feuilles d’or.
Manipuler les feuilles et les mettre en carnet
Après le battage, les feuilles sont rangées dans des carnets. Les ouvrières manipulent avec précision chaque feuille coupée au millimètre et la défroissent d’un léger souffle avant de la glisser dans son carnet. La manipulation des feuilles occasionne des pertes importantes de matière. Les déchets sont refondus pour servir à la fabrication de nouvelles feuilles.
Les usages de l’or battu et le recul du métier
Traditionnellement, le batteur d’or était aussi tireur d’or, c’est-à-dire qu’il fabriquait des fils d’or, et écacheur d’or lorsqu’il fabriquait des lames d’or. Au fil du temps, les feuilles d’or ont servi à décorer des sarcophages, des manuscrits, des meubles, des porcelaines et des stupas de temples birmans. Les principaux utilisateurs des feuilles sont les doreurs sur bois, les bronziers d’art et les restaurateurs d’œuvres d’art ou de monuments historiques. En 2011, le monde ne comptait plus qu’une cinquantaine de batteurs d’or, dont quelques dizaines à Mandalay, en Birmanie. La dernière entreprise française de battage d’or a fermé en 2018.
Apprendre par la pratique
L’absence de cursus scolaire pour devenir batteur d’or complique le maintien de la profession. L’apprentissage se fait sur le tas, auprès de professionnels et par la transmission du savoir-faire.