
Carte d’identité
- Domaine
- Savoir-faire
- Époque
- Une pratique vieille d’au moins 4 000 ans
Des saisons et des parcours différents
En Europe, la période d’estive s’étend généralement de fin mai à mi-octobre. La transhumance horizontale peut couvrir plusieurs centaines de kilomètres pour rejoindre une région au climat plus favorable, sans nécessairement changer d’altitude. Dans la transhumance dite double, les élevages de moyenne montagne alternent entre des pâturages plus bas et d’autres plus hauts. Pour les déplacements courts vers les pâturages d’une montagne voisine, les mots estivage et hivernage sont préférés.
Une organisation qui dépasse le berger
Pendant la transhumance, une partie de la famille reste sur l’exploitation agricole. Certaines bêtes peuvent rester à la ferme, notamment les femelles en lactation, les animaux affaiblis ou les animaux de trait. L’organisation des déplacements doit préserver l’accès aux chemins et aux pâturages, prévenir le surpâturage et résoudre les conflits. Cette organisation peut relever de l’État ou d’une gestion collective des pâturages par les éleveurs sous forme de biens communs.
Des contrats médiévaux aux grands troupeaux
Les archives du comté de Nice mentionnent, au début du XIV siècle, des contrats entre des montagnards et des éleveurs de basse Provence. À partir de 1325, des éleveurs envoient ensemble des troupeaux de près de 2 000 têtes vers les pâturages de haute montagne. Au XV siècle, la grande transhumance devient accessible au-delà des grandes familles et des éleveurs riches qui la pratiquaient au siècle précédent. Jusqu’au XIX siècle, les périodes d’expansion et de recul des grands transhumants sont liées à la demande de laine.
Une formation encore proposée aujourd’hui
Le domaine et centre de formation du Merle, à Salon-de-Provence, propose une formation de berger transhumant et dépend de l’Institut Agro Montpellier. Créée en 1930 par l’Union Ovine de France, cette formation est la plus ancienne de France. Son programme suit le cycle de production des ovins transhumants de Provence-Alpes-Côte d’Azur et de l’arc alpin. Elle prépare à des postes de berger d’alpage, d’agnelage, de garde en colline ou à l’année.
Des transports, des fêtes et des gestes retrouvés
Vous pouvez noter que le transport des troupeaux par bétaillères se généralise. Depuis la fin des années 1980, des fêtes de transhumance animent les vallées et font connaître les métiers du pastoralisme. Des pratiques de conduite des troupeaux délaissées au profit du camion sont de nouveau mises en œuvre. La transhumance figure à l’Inventaire du patrimoine culturel immatériel français depuis 2020.