
Carte d’identité
- Domaine
- Artisanat du bois et du métal
- Époque
- Avant la motorisation
- Lieu de travail
- Atelier
- Autres noms
- Caron en picard, lo châron en lorrain
Fabriquer une roue et la cercler
Le charron réalisait des roues en bois à moyeu, légères et résistantes, dont la taille dépendait du véhicule. Pour cercler la roue, on plaçait un bandage de fer chauffé au rouge autour de son pourtour en bois. En revenant à la température ambiante, le fer se contractait et serrait les pièces assemblées. Une roue de 50 cm de diamètre représentait environ une journée de travail cumulé.
Choisir le bois et attendre son séchage
Vous retrouvez notamment le chêne, dur et résistant, dans les moyeux, les rayons et le châssis, tandis que le hêtre, facile à courber, est employé pour les jantes. La réserve de bois se trouvait souvent derrière l’atelier ou dans un hangar attenant. L’orme blanc, le frêne des haies et le chêne résistant demandaient au moins deux années de séchage avant leur utilisation. Les copeaux, les sciures et les pièces de bois écartées alimentaient le chauffage de l’atelier ou de la maison.
Des postes de travail pour chaque geste
Le mouillet, un établi à lourd châssis de bois, permettait de tracer et de finir les moyeux ou de préparer les éléments de jante. La selle, aussi appelée trépied, maintenait la roue sur l’axe central d’un billot pendant son façonnage. Le jantier était un étau adaptable qui regroupait les éléments de jante pour y percer les mortaises. Un poste équipé de tonneaux ou de fosses servait à courber les pièces de bois à l’eau ou à la vapeur.
Un travail rythmé par les besoins agricoles
Dans les villages, les réparations précédaient les labours, les semailles, la fenaison, les moissons et les récoltes automnales. L’hiver, le charron fabriquait des roues neuves, des brouettes en bois et des bards destinés à remonter la terre sur les champs en terrasses. Lorsque sa forge était chaude, il effectuait aussi des réparations d’outils métalliques pour les cultivateurs, notamment le renforcement des socs de charrue usés. Devant un véhicule qu’il ne connaissait pas, il examinait les essieux et les roues pour en apprécier l’âge, l’usure et l’état de réparation.
Du métier ancien aux savoir-faire conservés
Le charron figure dans le Livre des métiers d’Étienne Boileau en 1268. L’industrialisation a transformé ce métier d’atelier entre 1750 et 1850. L’apprentissage complet durait au moins cinq années dans un cadre institutionnel ou corporatif, contre au moins quatre années dans un cadre traditionnel ou officieux sérieux. Dans les années 1950, la généralisation de l’automobile et la mécanisation agricole ont rendu le métier obsolète, et certains charrons se sont reconvertis dans la mécanique ou la carrosserie. Vous pouvez retrouver un atelier de charronnerie à l’écomusée d’Alsace. L’histoire des sciences et l’archéologie expérimentale ont permis de reconstituer une partie des anciennes méthodes de fabrication.