
Carte d’identité
- Autre nom
- Pilhaouer en Bretagne
- Féminin
- Chiffonnière
Des matières pour plusieurs industries
Les vieux chiffons collectés approvisionnaient les papeteries. La ferraille récupérée rejoignait la métallurgie. Les boîtes de conserve trouvaient un débouché dans la fabrication de jouets. Les fermiers achetaient les boues ramassées pour les utiliser comme engrais. Le papier récupéré était destiné aux cartonneries.
Ramasser, transporter et trier
Le croc servait à ramasser les trouvailles, ensuite déposées dans une hotte. Lors des tournées de semaine, les chiffons et la ferraille étaient transportés dans une carriole ou une vieille automobile. Vous pouvez retenir que, traditionnellement, la collecte se faisait à pied, les matériaux récupérés étant conservés dans un petit sac porté à l’épaule. Dans les campagnes britanniques dépourvues de négociants en chiffons, les collecteurs traitaient souvent directement avec les fabricants de papier de chiffon. À Londres, les collecteurs passaient généralement neuf ou dix heures par jour à chercher dans les rues avant de rentrer trier leurs trouvailles.
Le chiffonnage dans le Paris d’autrefois
Louis-Sébastien Mercier décrit déjà l’activité du chiffonnier dans son Tableau de Paris, publié en 1781. Dans les cités de chiffonniers parisiennes, le piqueur fouillait les déchets au crochet, le placier vidait les boîtes à ordures et le maître-chiffonnier assurait la revente. Vers 1850, Paris comptait 25 000 personnes pratiquant le chiffonnage, parmi lesquelles des hommes, des femmes et des enfants. En 1884, les effectifs parisiens atteignaient 35 000 personnes, à l’apogée de cette activité. En 1884, le préfet Eugène Poubelle imposa des boîtes à ordures que l’administration devait vider, ce qui transforma les conditions de collecte.
Le déclin du métier et sa mémoire
À la fin du XIXe siècle, le choix de la cellulose de bois par la plupart des papetiers amorça le recul du chiffonnage. Après la Seconde Guerre mondiale, les fibres synthétiques et la fermeture de moulins à papier confrontés aux groupes industriels aggravèrent la crise. À partir des années 1970, l’évolution de la consommation, la grande distribution et la généralisation du ramassage des ordures en Europe contribuèrent à la disparition du métier. Le souvenir des chiffonniers demeure chez les anciens en Europe, particulièrement en France et en Italie. À Loqueffret, la Maison du Recteur est un musée consacré aux chiffonniers bretons.