
Carte d’identité
- Origine
- Nièvre
- Taille
- 1,65 m à 1,75 m, jusqu’à 1,80 m
- Robe
- Noire
Une création portée par les éleveurs de la Nièvre
En 1872, le maire de Nevers et surtout le comte Charles de Bouillé, président de la société d’agriculture de la Nièvre, donnent l’impulsion à la création de la race. Le projet repose sur le croisement de juments morvandelles rustiques avec des étalons percherons noirs. Les poulains nés dans la région sont ensuite sélectionnés sur place pour maintenir la race. La reconnaissance de la race intervient en 1880. Depuis son berceau nivernais, ce cheval gagne l’Allier, le Cher, l’Indre et la Saône-et-Loire. Le 31 décembre 1920, son livre généalogique est fermé aux croisements extérieurs.
Un corps massif et un caractère sélectionné
Sa tête est de taille moyenne à grosse, sur un corps massif. En 1924, le Journal d’agriculture pratique rapporte un poids moyen de 800 à 900 kg, pouvant atteindre 1 000 kg à trois ans. Le Nivernais est décrit comme un cheval de gros trait plutôt apathique. La sélection des juments reproductrices sur leur caractère a progressivement atténué les défauts autrefois attribués à la race. Vous noterez que, depuis sa fusion avec le cheval percheron, le Nivernais ne possède plus de standard propre.
Le recul des effectifs et de la reconnaissance
L’implantation du Nivernais rencontre d’abord des difficultés dans une région où l’élevage charolais et la traction bovine occupent une grande place. Les éleveurs du Perche produisent à leur tour des chevaux noirs, parfois avec des étalons nivernais, ce qui réduit la popularité du Nivernais à l’exportation. L’élevage agricole se maintient dans la région nivernaise jusqu’aux années 1950, puis la motorisation entraîne une chute rapide des effectifs. En 1966, le registre généalogique du Nivernais est réuni à celui du Percheron. La population continue de diminuer jusqu’en 1980, année où sa situation attire l’attention.
Une sauvegarde liée au patrimoine régional
En 1982 et 1983, le parc naturel régional du Morvan décide de lancer un programme de conservation au titre du patrimoine local. En 1984, le recensement ne relève que 80 individus susceptibles d’appartenir au trait nivernais. En 1985, de jeunes agriculteurs du sud du Morvan fondent l’association Les Écuries du Morvan et reprennent l’élevage d’animaux de race. Vous noterez que les éleveurs restent attachés à des animaux descendants de ceux des grands élevages de la fin du XIXe siècle et souhaiteraient toujours reconstituer la race nivernaise. Les éleveurs de la Nièvre et le parc naturel régional du Morvan continuent de considérer le Nivernais comme une race distincte, contrairement aux haras nationaux.