
Carte d’identité
- Domaine
- Élevage du ver à soie
- Lieu de travail
- Magnanerie dans le sud de la France
- Outils
- Couveuse ou incubateur
Nourrir les vers et renouveler leur litière
Les vers reçoivent leur nourriture en petites quantités, à raison de 4 repas par jour. Pour recueillir les jeunes vers après l’éclosion, l’éleveur pose sur les œufs du tulle garni de feuilles de mûrier finement découpées, puis transfère les feuilles portant les larves sur des claies. Après chaque mue, le délitage utilise du papier perforé ou des filets placés au-dessus des chenilles, qui les traversent pour atteindre des feuilles fraîches. La vieille litière est ensuite retirée avec précaution pour éviter de disperser des poussières chargées de germes.
Accompagner la formation du cocon
Le ver à soie traverse quatre mues avant de filer le cocon dans lequel il se transforme en chrysalide. L’éleveur installe des rameaux de bruyère où la chenille grimpe pour former son cocon. Des supports appelés hérissons plastiques peuvent remplacer les rameaux de bruyère. Lors du dévidage, les filaments de soie sont enroulés sur un dévidoir.
Un calendrier lié au mûrier
Le calendrier décrit situe la mise en incubation à la mi-avril, au moment où les bourgeons des mûriers commencent à s’ouvrir. L’incubation dure généralement une quinzaine de jours, et l’œuf devient blanchâtre à l’approche de l’éclosion. Les éclosions s’étalent sur 3 à 4 jours. La plage de température présentée comme la plus favorable à l’élevage se situe entre 22 et 24 °C.
De la Chine aux campagnes françaises
L’Empire de Chine a gardé l’exclusivité de la fabrication de la soie pendant plus de deux millénaires. Au VIe siècle de notre ère, l’introduction clandestine d’œufs de vers à soie dans l’Empire byzantin permet l’implantation de la sériciculture dans le bassin méditerranéen. L’arrivée des papes à Avignon au début du XIVe siècle introduit la culture du mûrier dans la région. Henri IV favorise fortement la sériciculture en s’appuyant sur les travaux de l’agronome Olivier de Serres dans le futur département de l’Ardèche.
Des records de production aux tentatives de relance
La production de cocons atteint un record de 26 000 tonnes en 1853. En 1856, la production chute à 7 500 tonnes de cocons. Une expérience de relance commence à Monoblet en 1972. L’Association pour le Développement de la Sériciculture en Cévennes lance sa première campagne de production en 1978, l’année où ferme la station séricicole d’Alès. Aujourd’hui, la Chine et l’Inde sont les deux principaux producteurs et représentent plus de 60 % de la production mondiale annuelle de soie.