
Carte d’identité
- Origine
- Poitou, dans l’ouest de la France
- Poids
- 350 kg à 450 kg
- Statut
- Menacée d’extinction selon l’INRAE en 2023
Une histoire liée aux mulets
La première mention écrite de cet âne remonte au X siècle. Pendant des siècles, sa sélection a eu pour seul objectif la production de mulets, une activité très rémunératrice dans le Poitou jusqu’au milieu du XX siècle. Au début du XVIII siècle, la race aurait reçu une influence espagnole grâce à l’arrivée de baudets ibériques dans le Poitou. Ouvert en 1884, son registre généalogique a dès le départ imposé une sélection rigoureuse des animaux inscrits. Dans le vocabulaire poitevin, un mâle de deux ans destiné à devenir reproducteur porte le nom de « fedon ».
Une silhouette et un pelage reconnaissables
Au garrot, les mâles mesurent de 1,40 m à 1,50 m et les femelles de 1,35 m à 1,45 m. Ses oreilles bien ouvertes sont couvertes de longs poils et peuvent atteindre près de 34 cm. Sa robe va du bai brun foncé au presque noir, avec des zones argentées autour des yeux, sur le nez et le museau, bordées d’une auréole rougeâtre. Le ventre et la face intérieure des cuisses contrastent avec la robe par leur couleur très claire. Les poils épais s’emmêlent naturellement au fil de leur croissance, et les longues mèches frisées portent le nom de « cadenettes ». Le standard exclut aussi bien les poils blancs mêlés à la robe, appelés rubican, que la raie de mulet.
Des usages et un ancrage poitevin
La production de mulets reste anecdotique dans l’attente de la reconstitution d’un cheptel suffisant. L’élevage demeure très présent autour de Melle et dans le département des Deux-Sèvres. En 2009, 90 % de la population se trouvait en France et 10 % dans le reste du monde. Sur l’île de Ré, le pantalon qu’il porte rappelle son travail dans les marais salants, où ce vêtement le protégeait des insectes et des herbes coupantes.
Une race sauvée de justesse
Après la Seconde Guerre mondiale, la race a failli disparaître de sa région d’origine. L’étude menée en 1977 ne recensait plus que 44 animaux répartis dans huit élevages. Dans les années 1980, l’asinerie nationale du baudet du Poitou a été créée à Dampierre-sur-Boutonne, en Charente-Maritime. Vers 1980, les Haras nationaux ont lancé un plan de sauvegarde avec les éleveurs et le parc naturel régional du Marais poitevin. En France, 169 éleveurs d’ânes du Poitou étaient en activité en 2004.