
Carte d’identité
- Origine
- Mayotte
- Taille
- Environ un mètre au garrot
- Statut
- Race locale menacée d’abandon en France
Une histoire liée aux échanges régionaux
L’implantation de la race à Mayotte remonte à la période comprise entre le XIIe et le XIVe siècle. Elle accompagne les systèmes de production de l’île depuis les premières introductions d’animaux d’élevage à l’époque précoloniale. Les analyses révèlent une forte parenté génétique avec les populations de zébus indiens du berceau de la vallée de l’Indus. Les zébus de Mayotte sont très proches, sur le plan génétique, de ceux de Madagascar. Ces deux populations se sont séparées au XVIe siècle, lorsque l’arrivée des Européens a modifié le réseau commercial régional. Leur population ancestrale commune résulte d’un croisement survenu vers le XIIe siècle entre des zébus africains déjà métissés et un zébu indien.
Des robes et des motifs variés
Une robe unie peut être noire, rouge foncé, rouge clair, grise ou fauve. Vous pouvez observer chez le zébu mahorais une robe bicolore de type pie. On observe aussi des mouchetures, des bringeures, des panachures, une raie de mulet ou des tigrures. La majorité des robes ne présentent toutefois pas de particularité. Quelle que soit la robe, la peau ne présente pas de pigmentation rose et se montre le plus souvent noire, brune ou mêlant ces couleurs. Le mufle et les paupières sont généralement noirs.
Une bosse droite et des cornes variables
La tête présente un profil droit. Le poil est raide et ne forme pas de frisures. Les oreilles ont souvent des bords droits. La bosse est droite et de taille moyenne. Les cornes sont de taille moyenne et de couleurs variables, avec une dominante brune. Leurs formes vont du croissant à la ligne, à la fourche, au V ou à la coupe, avec une orientation généralement vers le haut.
Une reconnaissance face au risque de disparition
Le développement des inséminations artificielles et des croisements avec des taurins importés a progressivement dilué la race. Face au risque de disparition, le Cirad et la CoopADEM ont obtenu sa reconnaissance officielle en France le 25 septembre 2018. Cette reconnaissance s’inscrit dans le projet DEFI-ANIMAL 2015-2020 et s’appuie sur des analyses phénotypiques et génétiques. Le statut de la race a été réexaminé en 2023 dans le cadre du projet RACES ANIMALES 2022-2023. Le faible nombre de reproducteurs explique son classement parmi les races locales menacées d’abandon. La race conserve des gènes d’adaptation aux conditions d’élevage défavorables, dont les difficultés risquent de s’accentuer avec le changement climatique.