
Carte d’identité
- Origine
- Poitou
- Aptitude
- Production laitière
- Poids
- Mâles : 55 à 75 kg ; femelles : 50 à 70 kg
- Taille
- Femelles : 70 à 80 cm
- Cornes
- Présentes ou absentes selon les animaux
Des origines discutées, un recul marqué
Selon la légende, la race descendrait de chèvres amenées dans la région par les Sarrasins avant leur défaite à Poitiers en 732. Le zootechnicien André Sanson rapproche plutôt la Poitevine des chèvres du Massif central. Au début du XX siècle, plus de 40 000 chèvres poitevines vivaient dans de petits troupeaux traditionnels. Une épizootie de fièvre aphteuse a durement frappé les troupeaux en 1925. Vous pouvez retenir que le troupeau local a été reconstitué avec des chèvres alpines, qui sont entrées en concurrence directe avec les dernières poitevines et ont rapidement pris l’ascendant, suivies des saanens.
Une robe sombre éclairée de blanc
Son dos est long et rectiligne, avec une poitrine profonde. La robe est habituellement brune, de nuance variable, tandis que les animaux presque noirs sont dits « en cape de Maure ». Les poils sont demi-longs sur le dos et les cuisses, avec une coloration plus claire à l’intérieur des membres, sous le ventre et sous la queue. La tête fine et triangulaire est sombre, avec deux lignes blanches de chaque côté du chanfrein qui vont des oreilles au museau. La barbiche et les pampilles ne sont pas présentes chez tous les animaux.
Un lait apprécié en fromagerie
Les chèvres suivies au contrôle laitier produisent en moyenne 538 kg de lait en 249 jours. Le lait présente un taux protéique de 30,7 g/kg et un taux butyreux de 35,9 g/kg. Son lait est recherché pour ses qualités de transformation en fromage. Une étude de l’INRA menée en 1994 a relevé chez 85 % des poitevines des allèles « forts » ou « moyens » liés à la synthèse de caséine alpha S1, intéressante pour la transformation fromagère.
Des petits troupeaux aux élevages fromagers
De nombreux détenteurs gardent seulement quelques poitevines pour produire du lait et des fromages destinés à leur consommation personnelle. En 2007, les 47 élevages professionnels étaient majoritairement tenus par des éleveurs qui transformaient le lait et vendaient leurs fromages. La race est présente dans 45 départements français, ainsi que dans quelques troupeaux en Belgique et en Allemagne.
Une sauvegarde organisée depuis 1986
L’Association de Défense et de Développement de la Chèvre Poitevine porte le programme de sauvegarde depuis sa création en 1986, lorsque seuls 600 animaux étaient inscrits au livre généalogique. Le Parc interrégional du Marais poitevin épaule l’association, a lancé son propre plan de sauvegarde et met un animateur au service de ce programme depuis 1994. La sélection vise à conserver une variabilité génétique suffisante, notamment en veillant aux accouplements entre animaux non apparentés. Avec la hausse des effectifs, les éleveurs souhaitent aussi améliorer la quantité et la qualité du lait, devenues des objectifs majeurs de sélection.