
Carte d’identité
- Région
- Plaine de la Crau, Bouches-du-Rhône
- Reconnaissance
- AOC depuis 1997, AOP depuis 2015
- Type
- Fourrage
- Utilisation
- Alimentation animale
Une histoire liée aux canaux
Le premier canal d’irrigation de la Crau remonte au XVI siècle et doit sa création à Adam de Craponne. L’eau prélevée dans la Durance a été conduite vers la plaine, d’abord vers Salon-de-Provence en passant par Saint-Martin-de-Crau, puis vers Arles. Les éleveurs ont commencé à définir une aire géographique à partir de 1941. Le Foin de Crau a été le premier produit agricole non destiné à l’alimentation humaine à obtenir une appellation d’origine, et restait le seul dans ce cas en 2020.
Des prairies façonnées par la culture
Sur les 52 000 ha de la Crau, 12 000 ha sont occupés par des prairies dont la fertilité tient notamment à l’irrigation. Pour créer un pré, les agriculteurs implantent de la luzerne ou un mélange de graminées et de légumineuses sur un champ nivelé et débarrassé de ses pierres. L’eau d’irrigation favorise l’installation spontanée d’autres plantes, jusqu’à un équilibre durable de prairie naturelle atteint en quelques années. La fertilisation repose principalement sur des apports phospho-potassiques. En automne et en hiver, les moutons revenus de transhumance pâturent les prairies.
Une irrigation par submersion
Lors de l’arrosage gravitaire, vous inondez la prairie par submersion, mais l’eau ne doit pas y rester. Dans les prairies de la Crau, l’arrosage commence généralement autour du 15 mars. Sur une même parcelle, les arrosages se succèdent par périodes de huit à dix jours jusqu’aux premières fortes pluies d’automne, en septembre ou en octobre. La pluie ou les travaux de récolte peuvent conduire à interrompre les arrosages. La submersion avance progressivement dans la parcelle et dure plusieurs heures. L’irrigation apporte un limon fertile aux prés et alimente la nappe phréatique, dont 70 % de l’eau provient de l’irrigation gravitaire.
Un mélange végétal encadré
Le foin réunit 30 à 50 % de graminées, dont le fromental et le dactyle pelotonné, 25 à 35 % de légumineuses, dont le trèfle violet des prés et le trèfle rampant, et 25 à 35 % d’herbes diverses. La composition du foin change selon la coupe récoltée. La composition floristique est encadrée par un cahier des charges établi par le décret n°2015-1226 du 2 octobre 2015 et le règlement d’exécution (UE) n°2017/156 publié au Journal officiel de l’Union européenne le 31 janvier 2017. Les formats vont du ballotin d’environ 1 kg destiné aux rongeurs domestiques à la grosse botte d’environ 500 kg pour les grands élevages de ruminants. Le foin est conservé en sachets ou en balles.